L’hiver dernier aux États-Unis a été marqué par la répression et les expulsions. Le président Donald Trump a été réélu en 2024 notamment en promettant d’expulser massivement les personnes sans titre de séjour (permanent). Dans tout le pays, des centaines de milliers de personnes ont été arrêtées. En réaction, des manifestations citoyennes de grande ampleur ont émergé.
Dans l’État du Minnesota, l’agence Immigration and Customs Enforcement (ICE) a lancé l’opération Metro Surge. Les actions y ont été, si possible, encore plus brutales qu’ailleurs. En janvier, des agents fédéraux ont abattu deux personnes : Renée Good et Alex Pretti. Par la suite, l’administration Trump a quelque peu levé le pied, mais l’image de l’ICE est restée celle d’une organisation paramilitaire traquant les migrants au mépris de toutes les règles, y compris par la violence mortelle.
Sur la plateforme sociale X, Alyssa Marie, qui se décrit comme « journaliste Maga », a lancé fin mars l’idée de rebaptiser ICE en NICE, acronyme anglais évoquant « sympathique » ou « agréable ». « Je veux que Trump transforme ICE en NICE (National Immigration and Customs Enforcement), afin que les médias soient obligés de parler toute la journée d’agents du NICE », a écrit Mme Marie, qui qualifie par ailleurs le Parti démocrate de « groupe terroriste » dans d’autres messages.
Sa proposition semblait n’avoir suscité que peu d’attention, jusqu’à ce que Donald Trump lui-même la relaie le week-end dernier sur son propre réseau social Truth Social. Le lendemain de son évacuation d’un dîner où un tireur avait tenté de commettre un attentat, il a écrit : « Fantastique idée !!! Faites-le. »
Comme tout ce que M. Trump écrit dans ses messages ne se concrétise pas forcément, il semblait que l’idée allait retomber. Mais lundi, les comptes officiels sur X de la Maison-Blanche et du Department of Homeland Security, dont dépend l’ICE, ont diffusé les premiers messages évoquant le « NICE ». L’un d’eux montre une illustration IA d’un agent agenouillé auprès d’un garçon, avec en arrière-plan un mur frontalier, un drapeau américain et une tour de guet. Un montage vidéo d’une trentaine de secondes montre des agents du Homeland Security serrant des mains dans des aéroports, s’offrant des fleurs et faisant des pompes avec des jeunes.
Reste à voir si « NICE » deviendra l’appellation officielle du gouvernement. La porte-parole de M. Trump a déjà relayé l’idée, tout comme des comptes officiels sur les réseaux sociaux. À tout le moins, il s’agit d’un exemple de la manière dont l’administration Trump tente d’influencer les mentalités par le langage, dans le cadre d’une guerre culturelle. Cette idée de guerre culturelle a été injectée il y a dix ans dans la première campagne présidentielle de M. Trump par le stratège politique Steve Bannon. Écarté depuis, M. Bannon a néanmoins vu son idée se perpétuer.